Et que pensez vous de cela, pour en finir ?
La nuit d'hiver soudain a peint les toits en blanc
L'arbre encapuchonné a mis sa zibeline
Sur les vitres glacées danse un reflet tremblant
Silhouette enneigée d'un buisson qui s'incline
Un pas glissé titube en vain sur le pavé
Dans l'ombre le clocher lance un appel timide
Comme s'il chantonnait doucement un ave.
Un chien hurle à la mort dans la neige candide.
Fort et furieux, souffle le vent courbant les ifs,
La lampe éclaire amants en touchante tendresse
Qui rêvent enlacés, oubliant le froid vif,
Aux lendemains chantants dont ils se font promesse.
Derrière les volets fusent des joies d'enfants,
Un chœur mêlé chantonne un air de ritournelle
évoquant aux passants les souvenirs d'antan,
Et berce de sa voix le vide des ruelles.
Dans la maison qui dort enfin plus aucun bruit.
On entend seulement le tic-tac de l'horloge
Soudain un bref écho répond au train qui fuit
Loin de ce ciel glacé que la lune interroge
Le silence alourdi semble plus frissonnant
Il est minuit passée, plus une âme qui vive,
Même pas dans les rues, même plus sur le banc.
Ce bel amour est-il parti à la dérive...?
L'étoile d'or/allume un coin/du firmament
Un nuage s'en va tel un voilier paisible.
C'est l'heure où les esprits surgissent du néant
Effleurant la forêt de leur ombre invisible
L'horizon noir pâlit là-bas à l'Orient
L'aube va s'éveiller dans sa clarté fragile.
Hésitante, la nuit laisse un jour balbutiant
Allumer des cristaux sur la neige immobile...