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 Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course

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MessageSujet: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 7 Déc - 5:07

Rappel du premier message :

INDICATIONS SCENIQUES



Tous les animaux font cercle autour de la ligne de départ.

La tortue mange une feuille de salade en prévision de la course. Le lèvre, dédaigneux, broute du serpolet, en tournant le dos à la ligne de départ.
Les animaux se distribuent les rôles :

L'un sera le starter, l'autre surveillera le déroulement des opérations et la légalité de la course, un autre se charge du reportage (un oiseau par exemple) etc...

Puis le départ est donné et la course s'engage

A vous de jouer !
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 14 Déc - 15:35

Ah ! Parfait, Madame la Chouette ! J'avions point vu, et ça a du se télescoper quelque part !

Mille pardons, je corrige dans ma version imprimée !

Bise Bise
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 14 Déc - 15:45

La Tortue

Que font donc nos amis? Voilà que je piétine!
Je courrai ventre à terre, agile et serpentine
Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin
Mais voilà les jurés. Trève de baratin!

La chouette (qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)

Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis.
Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ?
Aurait-il disparu, craintif de l’algarade
Mais le vois-je perdu au milieu des salades !
Dame compétitrice aimeriez vous séant
Aller croquer laitue, dire à ce chenapan
Que nous avons besoin qu’ici il prenne place
Car sa bave argentée, nous ferait belle trace
D’une ligne posée comme point de départ
Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.

La Tortue

J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot
On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot,
Cessez de lambiner, le devoir vous appelle
On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle
Il n'y a pas raison, certes, de trembloter
Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!

L’Escargot

Comment ! Dame tortue, en voilà des façons
De s’adresser à moi brave colimaçon
Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ;
Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !

Le Lévrier

(haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)
Voilà bien du tracas pour regarder deux sots
Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !

La Mésange

Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait,
Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.

La Mésange (A tous, complètement perdue)

Je vois que mes propos sont restés sans réponse
Et constate ahurie que par-ici l’on pionce...
Soudain ce lieu champêtre animé et charmant
Fait place au château de la Belle-au-bois-dormant,
Et maintenant Perrault succède à La Fontaine !
Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.

Le Lévrier ( à la Mésange)

Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort
Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor !
je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place...
Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace !
Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin,
Vous y surveillerez ces deux bons turlupins.
Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage,
Vous y assurerez un très bon arbitrage.
Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ,
Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard !
Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse !
Un aboiement, un seul, et la course commence !

La Tortue

Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille
Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille
Impatiente attendant le signal précurseur
L'émotion sur mon front a posé sa roseur.

La Mésange (au Lévrier puis à la Tortue)

Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé
Nous savons que la course enfin a commencé.
A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !"
Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !

La chouette ( s’adressant au Lévrier et à la tortue)

Très bien, le sieur Médor ! Je m’en vais me percher
Au virage en épingle au milieu du trajet…
Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire
Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire
Que vous voyez la-bas tout près du bel étang,
Point trop n’est de victoire à se presser autant
Car qui veut aller loin, ménage sa monture
Calmez le palpitant et prenez belle allure !

Le lièvre

Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins !
Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin
Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline,
Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!

La Tortue

Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine!
J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine
Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents
Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent
Musarde nez au vent, au ru se désaltère
Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère
Et s'étend sous un if, écoutant la chanson
Que lui murmure en fa le lent colimaçon

le Lévrier (au lièvre)

C'est par là, mon ami, que se passe la course,
Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse !
Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé.
C'est de votre ressort si vous atermoyez !

le lièvre

C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense :
Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance
Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu !
Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...

La chouette (marmonnant toute seule)

Toujours présomptueux, l’herbivore véloce
Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse
« Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps
Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant
À bien trop se fier à sa longueur de pattes
Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.

La tortue ( continuant à trottiner et parlant toute seule)

Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant
Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant
Donnerait à ce fou un cruel avantage
On verra qui de nous a plus bel abattage!

La Mésange (Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)

Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue !
J’observe de mon pin ce fanfaron obtus
Qui tant est occupé par mille et une chose
Que la course il oublie, profitez de la chose...
Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette
Près du petit ruisseau à son amie Levrette.

La Tortue (maugréant)

Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu
Je trouve son dédain quelque peu outrageux
Et si je rame ici à petite vitesse
C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!

Le Lièvre (qui a complètement oublié la course...)

Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs,
Afin de déjouer leur instinct de tueurs.
Du sommet du coteau,surveillant le village,
Je les verrai partir avec leurs chiens en rage
Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci
Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici


La chouette (s’adressant à la tortue)

De lui botter le train, il n’en est nul besoin
Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin
Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle
Certaine qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles.
D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau
Les oreilles au vent il nous tourne le dos.

La Tortue

Cousine, grand merci de faire vigilance
Vos encouragements fouetteraient l'indolence
Si je n'étais déjà stimulée fortement
A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!

La Mésange (à la tortue, puis à la chouette)

Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal
A battre sans tarder ce stupide animal...
Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline
Qui dort comme un sonneur sous une santoline (1) ?

La tortue (un peu haletante)

Serait-il alourdi par son repas vorace?
J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace
De ce fieffé coquin que rien ne turlupine
Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?

Le Lévrier (qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)

Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner
Et d'afficher ainsi un dédain outragé.
Mais, regardez -un peu du côté de la piste,
Où commère Tortue va jouer l'arriviste.
Encore un peu de temps et vous avez perdu,
Je vous conseille fort de sauver votre du !
Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille.
Vous allez regretter une course pareille !!
S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor,
Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !
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chandylane
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 14 Déc - 16:17



Bon, je remets de l'ordre .... Ma chère LORRAINE, tu sembles avoir sauté mon intervention.

Je pense que tout est remis dans l'ordre, si je n'ai moi même fait d'erreur !!!!????? Et de plus comme notre ami l'escargot n'aurait tout de même pas pu être à l'arrivée, alors je rajoute un paragraphe !






La Tortue

Que font donc nos amis? Voilà que je piétine!
Je courrai ventre à terre, agile et serpentine
Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin
Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!

La chouette

(qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)

Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis.
Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ?
Aurait-il disparu, craintif de l’algarade
Mais le vois-je perdu au milieu des salades !
Dame compétitrice aimeriez vous séant
Aller croquer laitue, dire à ce chenapan
Que nous avons besoin qu’ici il prenne place
Car sa bave argentée, nous ferait belle trace
D’une ligne posée comme point de départ
Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.

La Tortue


J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot
On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot,
Cessez de lambiner, le devoir vous appelle
On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle
Il n'y a pas raison, certes, de trembloter
Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!

L’Escargot


Comment ! Dame tortue, en voilà des façons
De s’adresser à moi brave colimaçon
Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ;
Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !

Le Lévrier

(haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)

Voilà bien du tracas pour regarder deux sots
Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !

La Mésange


Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait,
Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.

La Mésange

(A tous, complètement perdue)

Je vois que mes propos sont restés sans réponse
Et constate ahurie que par-ici l’on pionce...
Soudain ce lieu champêtre animé et charmant
Fait place au château de la Belle au bois-dormant,
Et maintenant Perrault succède à La Fontaine !
Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.


Le Lévrier ( à la Mésange)

Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort
Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor !
je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place...
Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace !
Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin,
Vous y surveillerez ces deux bons turlupins.
Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage,
Vous y assurerez un très bon arbitrage.
Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ,
Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard !
Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse !
Un aboiement, un seul, et la course commence !


La Tortue

Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille
Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille
Impatiente attendant le signal précurseur
L'émotion sur mon front a posé sa roseur.

La Mésange

(au Lévrier puis à la Tortue)

Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé
Nous savons que la course enfin a commencé.
A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !"
Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !


La chouette
( s’adressant au Lévrier et à la tortue)
Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher
Au virage en épingle au milieu du trajet…
Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire

Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire
Que vous voyez la-bas tout près du bel étang.
Point trop n’est de victoire à se presser autant
Car qui veut aller loin, ménage sa monture
Calmer le palpitant et prenez belle allure !

Le lièvre

Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins !
Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin
Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline,
Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!

La Tortue

Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine!
J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine
Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents
Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent
Musarde nez au vent, au ru se désaltère
Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère
Et s'étend sous un if, écoutant la chanson
Que lui murmure en fa le lent colimaçon

le Lévrier (au lièvre)

C'est par là, mon ami, que se passe la course,
Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse !
Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé.
C'est de votre ressort si vous atermoyez !

le lièvre

C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense :
Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance
Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu !
Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...


La chouette
(marmonnant toute seule)

Toujours présomptueux, l’herbivore véloce
Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse
« Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps
Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. !
À bien trop se fier à sa longueur de pattes
Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.

La tortue
( continuant à trottiner et parlant toute seule)

Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant
Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant
Donnerait à ce fou un cruel avantage
On verra qui de nous a plus bel abattage!

La Mésange

(Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)

Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue !
J’observe de mon pin ce fanfaron obtus
Qui tant est occupé par mille et une chose
Que la course il oublie, profitez de la chose...
Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette
Près du petit ruisseau à son amie Levrette.

La Tortue (maugréant)

Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu
Je trouve son dédain quelque peu outrageux
Et si je rame ici à petite vitesse
C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!


Le Lièvre
(qui a complètement oublié la course...)

Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs,
Afin de déjouer leur instinct de tueurs.
Du sommet du coteau, surveillant le village,
Je les verrai partir avec leurs chiens en rage
Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci
Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici


La chouette
(s’adressant à la tortue)

De lui botter le train, il n’en est nul besoin
Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin
Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle
Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles.
D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau

Les oreilles au vent il nous tourne le dos.

La Tortue

Cousine, grand merci de faire vigilance
Vos encouragements fouetteraient l'indolence
Si je n'étais déjà stimulée fortement
A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!

La Mésange

(à la tortue, puis à la chouette)

Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal
A battre sans tarder ce stupide animal...
Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline
Qui dort comme un sonneur sous une santoline.


La chouette
(à la mésange et à la tortue)

Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers
Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés.
Il joue à nous narguer certain de sa victoire
Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire.
Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort
Déjà vous dépassez ce point de mirador
Où je suis installée ! À vous voir si pugnace
Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse
Va bientôt regretter sa superbe ironie !

Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis
Votre ténacité sera récompensé
Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.


La tortue
(un peu haletante)

Serait-il alourdi par son repas vorace?
J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace
De ce fieffé coquin que rien ne turlupine
Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?

Le Lévrier
(qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)

Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner
Et d'afficher ainsi un dédain outragé.
Mais, regardez -un peu du côté de la piste,
Où commère Tortue va jouer l'arriviste.
Encore un peu de temps et vous avez perdu,
Je vous conseille fort de sauver votre du !
Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille.
Vous allez regretter une course pareille !!
S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor,
Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !


La chouette
(aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue)
Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !

Aurais-je la berlue, mais il me semble voir
Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir
Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache
Et en fier cavalier au dôme se détache
De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue…
Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu !
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 14 Déc - 17:15

La Tortue

Que font donc nos amis? Voilà que je piétine!
Je courrai ventre à terre, agile et serpentine
Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin
Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!

La chouette

(qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)

Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis.
Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ?
Aurait-il disparu, craintif de l’algarade
Mais le vois-je perdu au milieu des salades !
Dame compétitrice aimeriez vous séant
Aller croquer laitue, dire à ce chenapan
Que nous avons besoin qu’ici il prenne place
Car sa bave argentée, nous ferait belle trace
D’une ligne posée comme point de départ
Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.

La Tortue


J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot
On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot,
Cessez de lambiner, le devoir vous appelle
On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle
Il n'y a pas raison, certes, de trembloter
Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!

L’Escargot


Comment ! Dame tortue, en voilà des façons
De s’adresser à moi brave colimaçon
Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ;
Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !

Le Lévrier

(haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)

Voilà bien du tracas pour regarder deux sots
Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !

La Mésange


Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait,
Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.

La Mésange

(A tous, complètement perdue)

Je vois que mes propos sont restés sans réponse
Et constate ahurie que par-ici l’on pionce...
Soudain ce lieu champêtre animé et charmant
Fait place au château de la Belle au bois-dormant,
Et maintenant Perrault succède à La Fontaine !
Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.


Le Lévrier ( à la Mésange)

Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort
Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor !
je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place...
Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace !
Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin,
Vous y surveillerez ces deux bons turlupins.
Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage,
Vous y assurerez un très bon arbitrage.
Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ,
Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard !
Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse !
Un aboiement, un seul, et la course commence !


La Tortue

Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille
Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille
Impatiente attendant le signal précurseur
L'émotion sur mon front a posé sa roseur.

La Mésange

(au Lévrier puis à la Tortue)

Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé
Nous savons que la course enfin a commencé.
A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !"
Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !


La chouette
( s’adressant au Lévrier et à la tortue)
Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher
Au virage en épingle au milieu du trajet…
Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire

Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire
Que vous voyez la-bas tout près du bel étang.
Point trop n’est de victoire à se presser autant
Car qui veut aller loin, ménage sa monture
Calmer le palpitant et prenez belle allure !

Le lièvre

Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins !
Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin
Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline,
Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!

La Tortue

Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine!
J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine
Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents
Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent
Musarde nez au vent, au ru se désaltère
Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère
Et s'étend sous un if, écoutant la chanson
Que lui murmure en fa le lent colimaçon

le Lévrier (au lièvre)

C'est par là, mon ami, que se passe la course,
Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse !
Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé.
C'est de votre ressort si vous atermoyez !

le lièvre

C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense :
Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance
Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu !
Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...


La chouette
(marmonnant toute seule)

Toujours présomptueux, l’herbivore véloce
Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse
« Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps
Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. !
À bien trop se fier à sa longueur de pattes
Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.

La tortue
( continuant à trottiner et parlant toute seule)

Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant
Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant
Donnerait à ce fou un cruel avantage
On verra qui de nous a plus bel abattage!

La Mésange

(Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)

Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue !
J’observe de mon pin ce fanfaron obtus
Qui tant est occupé par mille et une chose
Que la course il oublie, profitez de la chose...
Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette
Près du petit ruisseau à son amie Levrette.

La Tortue (maugréant)

Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu
Je trouve son dédain quelque peu outrageux
Et si je rame ici à petite vitesse
C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!


Le Lièvre
(qui a complètement oublié la course...)

Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs,
Afin de déjouer leur instinct de tueurs.
Du sommet du coteau, surveillant le village,
Je les verrai partir avec leurs chiens en rage
Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci
Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici


La chouette
(s’adressant à la tortue)

De lui botter le train, il n’en est nul besoin
Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin
Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle
Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles.
D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau

Les oreilles au vent il nous tourne le dos.

La Tortue

Cousine, grand merci de faire vigilance
Vos encouragements fouetteraient l'indolence
Si je n'étais déjà stimulée fortement
A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!

La Mésange

(à la tortue, puis à la chouette)

Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal
A battre sans tarder ce stupide animal...
Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline
Qui dort comme un sonneur sous une santoline.


La chouette
(à la mésange et à la tortue)

Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers
Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés.
Il joue à nous narguer certain de sa victoire
Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire.
Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort
Déjà vous dépassez ce point de mirador
Où je suis installée ! À vous voir si pugnace
Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse
Va bientôt regretter sa superbe ironie !

Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis
Votre ténacité sera récompensé
Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.


La tortue
(un peu haletante)

Serait-il alourdi par son repas vorace?
J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace
De ce fieffé coquin que rien ne turlupine
Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?

Le Lévrier
(qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)

Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner
Et d'afficher ainsi un dédain outragé.
Mais, regardez -un peu du côté de la piste,
Où commère Tortue va jouer l'arriviste.
Encore un peu de temps et vous avez perdu,
Je vous conseille fort de sauver votre du !
Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille.
Vous allez regretter une course pareille !!
S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor,
Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !


La chouette
(aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue)
Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !

Aurais-je la berlue, mais il me semble voir
Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir
Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache
Et en fier cavalier au dôme se détache
De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue…
Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu


Le Lièvre (réveillé en sursaut )

Ah ! Mon Dieu ! Qu'est-ce donc ? Messire Lévrier, vous ?
Je l'avais oublié, ce concours ! Je l'avoue .
Où en est l'adversaire ? Il reste du chemin :
Pour la tortue, le but est encore lointain...
Sans crainte je me donne un peu de temps encore
Et puis j'irai d'un trait dépasser la pécore !


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Lorraine-Laure
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 14 Déc - 17:53

La Tortue

Que font donc nos amis? Voilà que je piétine!
Je courrai ventre à terre, agile et serpentine
Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin
Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!

La chouette
(qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)

Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis.
Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ?
Aurait-il disparu, craintif de l’algarade
Mais le vois-je perdu au milieu des salades !
Dame compétitrice aimeriez vous séant
Aller croquer laitue, dire à ce chenapan
Que nous avons besoin qu’ici il prenne place
Car sa bave argentée, nous ferait belle trace
D’une ligne posée comme point de départ
Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.

La Tortue

J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot
On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot,
Cessez de lambiner, le devoir vous appelle
On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle
Il n'y a pas raison, certes, de trembloter
Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!

L’Escargot

Comment ! Dame tortue, en voilà des façons
De s’adresser à moi brave colimaçon
Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ;
Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !

Le Lévrier
(haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)

Voilà bien du tracas pour regarder deux sots
Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !

La Mésange

Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait,
Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.

La Mésange
(A tous, complètement perdue)

Je vois que mes propos sont restés sans réponse
Et constate ahurie que par-ici l’on pionce...
Soudain ce lieu champêtre animé et charmant
Fait place au château de la Belle au bois-dormant,
Et maintenant Perrault succède à La Fontaine !
Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.

Le Lévrier ( à la Mésange)

Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort
Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor !
je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place...
Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace !
Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin,
Vous y surveillerez ces deux bons turlupins.
Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage,
Vous y assurerez un très bon arbitrage.
Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ,
Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard !
Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse !
Un aboiement, un seul, et la course commence !

La Tortue

Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille
Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille
Impatiente attendant le signal précurseur
L'émotion sur mon front a posé sa roseur.

La Mésange
(au Lévrier puis à la Tortue)

Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé
Nous savons que la course enfin a commencé.
A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !"
Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !

La chouette
( s’adressant au Lévrier et à la tortue)
Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher
Au virage en épingle au milieu du trajet…
Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire
Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire
Que vous voyez la-bas tout près du bel étang.
Point trop n’est de victoire à se presser autant
Car qui veut aller loin, ménage sa monture
Calmer le palpitant et prenez belle allure !

Le lièvre

Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins !
Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin
Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline,
Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!

La Tortue

Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine!
J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine
Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents
Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent
Musarde nez au vent, au ru se désaltère
Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère
Et s'étend sous un if, écoutant la chanson
Que lui murmure en fa le lent colimaçon

le Lévrier (au lièvre)

C'est par là, mon ami, que se passe la course,
Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse !
Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé.
C'est de votre ressort si vous atermoyez !

le lièvre

C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense :
Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance
Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu !
Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...

La chouette
(marmonnant toute seule)

Toujours présomptueux, l’herbivore véloce
Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse
« Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps
Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. !
À bien trop se fier à sa longueur de pattes
Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.

La tortue
( continuant à trottiner et parlant toute seule)

Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant
Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant
Donnerait à ce fou un cruel avantage
On verra qui de nous a plus bel abattage!

La Mésange
(Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)

Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue !
J’observe de mon pin ce fanfaron obtus
Qui tant est occupé par mille et une chose
Que la course il oublie, profitez de la chose...
Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette
Près du petit ruisseau à son amie Levrette.

La Tortue (maugréant)

Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu
Je trouve son dédain quelque peu outrageux
Et si je rame ici à petite vitesse
C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!

Le Lièvre
(qui a complètement oublié la course...)

Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs,
Afin de déjouer leur instinct de tueurs.
Du sommet du coteau, surveillant le village,
Je les verrai partir avec leurs chiens en rage
Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci
Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici

La chouette
(s’adressant à la tortue)

De lui botter le train, il n’en est nul besoin
Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin
Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle
Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles.
D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau
Les oreilles au vent il nous tourne le dos.

La Tortue

Cousine, grand merci de faire vigilance
Vos encouragements fouetteraient l'indolence
Si je n'étais déjà stimulée fortement
A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!

La Mésange
(à la tortue, puis à la chouette)

Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal
A battre sans tarder ce stupide animal...
Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline
Qui dort comme un sonneur sous une santoline.

La chouette
(à la mésange et à la tortue)

Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers
Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés.
Il joue à nous narguer certain de sa victoire
Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire.
Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort
Déjà vous dépassez ce point de mirador
Où je suis installée ! À vous voir si pugnace
Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse
Va bientôt regretter sa superbe ironie !
Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis
Votre ténacité sera récompensé
Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.

La tortue
(un peu haletante)

Serait-il alourdi par son repas vorace?
J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace
De ce fieffé coquin que rien ne turlupine
Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?

Le Lévrier
(qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)

Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner
Et d'afficher ainsi un dédain outragé.
Mais, regardez -un peu du côté de la piste,
Où commère Tortue va jouer l'arriviste.
Encore un peu de temps et vous avez perdu,
Je vous conseille fort de sauver votre du !
Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille.
Vous allez regretter une course pareille !!
S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor,
Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !

La chouette
(aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue)
Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !

Aurais-je la berlue, mais il me semble voir
Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir
Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache
Et en fier cavalier au dôme se détache
De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue…
Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu


Le Lièvre (réveillé en sursaut )

Ah ! Mon Dieu ! Qu'est-ce donc ? Messire Lévrier, vous ?
Je l'avais oublié, ce concours ! Je l'avoue .
Où en est l'adversaire ? Il reste du chemin :
Pour la tortue, le but est encore lointain...
Sans crainte je me donne un peu de temps encore
Et puis j'irai d'un trait dépasser la pécore !

La Tortue
Pécore! Il a osé! Pécore! Il l'a dit
Ce malfrat, ce sagouin! Mais déjà je bondis
Des quatre pieds je vais, mon allure est céleste
Nul ne pourra jamais me rattraper, si leste
Malgré le sacripant qui sur mon dos hissé
Compte le combattants d'un oeil hypnotisé.
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Lun 14 Déc - 23:27

La Tortue

Que font donc nos amis? Voilà que je piétine!
Je courrai ventre à terre, agile et serpentine
Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin
Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!

La chouette
(qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)

Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis.
Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ?
Aurait-il disparu, craintif de l’algarade
Mais le vois-je perdu au milieu des salades !
Dame compétitrice aimeriez vous séant
Aller croquer laitue, dire à ce chenapan
Que nous avons besoin qu’ici il prenne place
Car sa bave argentée, nous ferait belle trace
D’une ligne posée comme point de départ
Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.

La Tortue

J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot
On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot,
Cessez de lambiner, le devoir vous appelle
On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle
Il n'y a pas raison, certes, de trembloter
Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!

L’Escargot

Comment ! Dame tortue, en voilà des façons
De s’adresser à moi brave colimaçon
Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ;
Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !

Le Lévrier
(haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)

Voilà bien du tracas pour regarder deux sots
Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !

La Mésange

Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait,
Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.

La Mésange
(A tous, complètement perdue)

Je vois que mes propos sont restés sans réponse
Et constate ahurie que par-ici l’on pionce...
Soudain ce lieu champêtre animé et charmant
Fait place au château de la Belle au bois-dormant,
Et maintenant Perrault succède à La Fontaine !
Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.

Le Lévrier ( à la Mésange)

Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort
Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor !
je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place...
Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace !
Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin,
Vous y surveillerez ces deux bons turlupins.
Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage,
Vous y assurerez un très bon arbitrage.
Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ,
Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard !
Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse !
Un aboiement, un seul, et la course commence !

La Tortue

Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille
Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille
Impatiente attendant le signal précurseur
L'émotion sur mon front a posé sa roseur.

La Mésange
(au Lévrier puis à la Tortue)

Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé
Nous savons que la course enfin a commencé.
A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !"
Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !

La chouette
( s’adressant au Lévrier et à la tortue)
Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher
Au virage en épingle au milieu du trajet…
Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire
Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire
Que vous voyez la-bas tout près du bel étang.
Point trop n’est de victoire à se presser autant
Car qui veut aller loin, ménage sa monture
Calmer le palpitant et prenez belle allure !

Le lièvre

Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins !
Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin
Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline,
Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!

La Tortue

Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine!
J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine
Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents
Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent
Musarde nez au vent, au ru se désaltère
Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère
Et s'étend sous un if, écoutant la chanson
Que lui murmure en fa le lent colimaçon

le Lévrier (au lièvre)

C'est par là, mon ami, que se passe la course,
Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse !
Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé.
C'est de votre ressort si vous atermoyez !

le lièvre

C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense :
Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance
Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu !
Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...

La chouette
(marmonnant toute seule)

Toujours présomptueux, l’herbivore véloce
Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse
« Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps
Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. !
À bien trop se fier à sa longueur de pattes
Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.

La tortue
( continuant à trottiner et parlant toute seule)

Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant
Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant
Donnerait à ce fou un cruel avantage
On verra qui de nous a plus bel abattage!

La Mésange
(Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)

Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue !
J’observe de mon pin ce fanfaron obtus
Qui tant est occupé par mille et une chose
Que la course il oublie, profitez de la chose...
Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette
Près du petit ruisseau à son amie Levrette.

La Tortue (maugréant)

Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu
Je trouve son dédain quelque peu outrageux
Et si je rame ici à petite vitesse
C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!

Le Lièvre
(qui a complètement oublié la course...)

Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs,
Afin de déjouer leur instinct de tueurs.
Du sommet du coteau, surveillant le village,
Je les verrai partir avec leurs chiens en rage
Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci
Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici

La chouette
(s’adressant à la tortue)

De lui botter le train, il n’en est nul besoin
Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin
Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle
Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles.
D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau
Les oreilles au vent il nous tourne le dos.

La Tortue

Cousine, grand merci de faire vigilance
Vos encouragements fouetteraient l'indolence
Si je n'étais déjà stimulée fortement
A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!

La Mésange
(à la tortue, puis à la chouette)

Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal
A battre sans tarder ce stupide animal...
Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline
Qui dort comme un sonneur sous une santoline.

La chouette
(à la mésange et à la tortue)

Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers
Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés.
Il joue à nous narguer certain de sa victoire
Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire.
Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort
Déjà vous dépassez ce point de mirador
Où je suis installée ! À vous voir si pugnace
Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse
Va bientôt regretter sa superbe ironie !
Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis
Votre ténacité sera récompensé
Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.

La tortue
(un peu haletante)

Serait-il alourdi par son repas vorace?
J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace
De ce fieffé coquin que rien ne turlupine
Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?

Le Lévrier
(qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)

Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner
Et d'afficher ainsi un dédain outragé.
Mais, regardez -un peu du côté de la piste,
Où commère Tortue va jouer l'arriviste.
Encore un peu de temps et vous avez perdu,
Je vous conseille fort de sauver votre du !
Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille.
Vous allez regretter une course pareille !!
S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor,
Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !

La chouette
(aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue)
Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !

Aurais-je la berlue, mais il me semble voir
Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir
Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache
Et en fier cavalier au dôme se détache
De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue…
Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu


Le Lièvre (réveillé en sursaut )

Ah ! Mon Dieu ! Qu'est-ce donc ? Messire Lévrier, vous ?
Je l'avais oublié, ce concours ! Je l'avoue .
Où en est l'adversaire ? Il reste du chemin :
Pour la tortue, le but est encore lointain...
Sans crainte je me donne un peu de temps encore
Et puis j'irai d'un trait dépasser la pécore !

La Tortue
Pécore! Il a osé! Pécore! Il l'a dit
Ce malfrat, ce sagouin! Mais déjà je bondis
Des quatre pieds je vais, mon allure est céleste
Nul ne pourra jamais me rattraper, si leste
Malgré le sacripant qui sur mon dos hissé
Compte le combattants d'un oeil hypnotisé.

La Mésange (voletant autour de la tortue)
Allez dame Tortue encor deux ou trois mètres !
Et le prix, c'est à vous que nous l'allons remettre.
Je sais, cet escargot sur votre dos juché
Semblable au bigorneau fixé à son rocher,
N’est pas d’un grand secours... et ce Lièvre rustique
Vous manque de respect en vous lançant ses piques,
Pour le vaincre, ma mie, faites un effort encore,
Il verra de quel bois se chauffe la pécore !

*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*

Quand on aime, on a toujours vingt ans...
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MessageSujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course   Mar 15 Déc - 5:02

Il me parait judicieux d'arrêter là la Scène II

Donc je verrouille et on attaque la Scène III


Bravooo Bravooo A TOUS !
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Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course

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