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| Auteur | Message |
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Invité Invité
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Lun 14 Déc - 15:35 | |
| Ah ! Parfait, Madame la Chouette ! J'avions point vu, et ça a du se télescoper quelque part ! Mille pardons, je corrige dans ma version imprimée !  |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Lun 14 Déc - 15:45 | |
| La Tortue
Que font donc nos amis? Voilà que je piétine! Je courrai ventre à terre, agile et serpentine Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin Mais voilà les jurés. Trève de baratin!
La chouette (qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)
Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis. Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ? Aurait-il disparu, craintif de l’algarade Mais le vois-je perdu au milieu des salades ! Dame compétitrice aimeriez vous séant Aller croquer laitue, dire à ce chenapan Que nous avons besoin qu’ici il prenne place Car sa bave argentée, nous ferait belle trace D’une ligne posée comme point de départ Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.
La Tortue
J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot, Cessez de lambiner, le devoir vous appelle On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle Il n'y a pas raison, certes, de trembloter Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!
L’Escargot
Comment ! Dame tortue, en voilà des façons De s’adresser à moi brave colimaçon Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ; Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !
Le Lévrier
(haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie) Voilà bien du tracas pour regarder deux sots Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !
La Mésange
Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait, Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.
La Mésange (A tous, complètement perdue)
Je vois que mes propos sont restés sans réponse Et constate ahurie que par-ici l’on pionce... Soudain ce lieu champêtre animé et charmant Fait place au château de la Belle-au-bois-dormant, Et maintenant Perrault succède à La Fontaine ! Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.
Le Lévrier ( à la Mésange)
Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor ! je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place... Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace ! Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin, Vous y surveillerez ces deux bons turlupins. Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage, Vous y assurerez un très bon arbitrage. Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ, Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard ! Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse ! Un aboiement, un seul, et la course commence !
La Tortue
Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille Impatiente attendant le signal précurseur L'émotion sur mon front a posé sa roseur.
La Mésange (au Lévrier puis à la Tortue)
Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé Nous savons que la course enfin a commencé. A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !" Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !
La chouette ( s’adressant au Lévrier et à la tortue)
Très bien, le sieur Médor ! Je m’en vais me percher Au virage en épingle au milieu du trajet… Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire Que vous voyez la-bas tout près du bel étang, Point trop n’est de victoire à se presser autant Car qui veut aller loin, ménage sa monture Calmez le palpitant et prenez belle allure !
Le lièvre
Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins ! Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline, Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!
La Tortue
Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine! J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent Musarde nez au vent, au ru se désaltère Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère Et s'étend sous un if, écoutant la chanson Que lui murmure en fa le lent colimaçon
le Lévrier (au lièvre)
C'est par là, mon ami, que se passe la course, Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse ! Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé. C'est de votre ressort si vous atermoyez !
le lièvre
C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense : Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu ! Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...
La chouette (marmonnant toute seule)
Toujours présomptueux, l’herbivore véloce Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse « Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant À bien trop se fier à sa longueur de pattes Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.
La tortue ( continuant à trottiner et parlant toute seule)
Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant Donnerait à ce fou un cruel avantage On verra qui de nous a plus bel abattage!
La Mésange (Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)
Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue ! J’observe de mon pin ce fanfaron obtus Qui tant est occupé par mille et une chose Que la course il oublie, profitez de la chose... Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette Près du petit ruisseau à son amie Levrette.
La Tortue (maugréant)
Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu Je trouve son dédain quelque peu outrageux Et si je rame ici à petite vitesse C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!
Le Lièvre (qui a complètement oublié la course...)
Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs, Afin de déjouer leur instinct de tueurs. Du sommet du coteau,surveillant le village, Je les verrai partir avec leurs chiens en rage Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici
La chouette (s’adressant à la tortue)
De lui botter le train, il n’en est nul besoin Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle Certaine qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles. D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau Les oreilles au vent il nous tourne le dos.
La Tortue
Cousine, grand merci de faire vigilance Vos encouragements fouetteraient l'indolence Si je n'étais déjà stimulée fortement A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!
La Mésange (à la tortue, puis à la chouette)
Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal A battre sans tarder ce stupide animal... Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline Qui dort comme un sonneur sous une santoline (1) ?
La tortue (un peu haletante)
Serait-il alourdi par son repas vorace? J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace De ce fieffé coquin que rien ne turlupine Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?
Le Lévrier (qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)
Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner Et d'afficher ainsi un dédain outragé. Mais, regardez -un peu du côté de la piste, Où commère Tortue va jouer l'arriviste. Encore un peu de temps et vous avez perdu, Je vous conseille fort de sauver votre du ! Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille. Vous allez regretter une course pareille !! S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor, Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort ! |
|  | | chandylane La voix des Anges

 Nombre de messages: 7057 Age: 69 Localisation: PROVENCE Date d'inscription: 14/08/2006
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Lun 14 Déc - 16:17 | |
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Bon, je remets de l'ordre .... Ma chère LORRAINE, tu sembles avoir sauté mon intervention.
Je pense que tout est remis dans l'ordre, si je n'ai moi même fait d'erreur !!!!????? Et de plus comme notre ami l'escargot n'aurait tout de même pas pu être à l'arrivée, alors je rajoute un paragraphe !
La Tortue
Que font donc nos amis? Voilà que je piétine! Je courrai ventre à terre, agile et serpentine Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!
La chouette (qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)
Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis. Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ? Aurait-il disparu, craintif de l’algarade Mais le vois-je perdu au milieu des salades ! Dame compétitrice aimeriez vous séant Aller croquer laitue, dire à ce chenapan Que nous avons besoin qu’ici il prenne place Car sa bave argentée, nous ferait belle trace D’une ligne posée comme point de départ Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.
La Tortue
J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot, Cessez de lambiner, le devoir vous appelle On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle Il n'y a pas raison, certes, de trembloter Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!
L’Escargot
Comment ! Dame tortue, en voilà des façons De s’adresser à moi brave colimaçon Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ; Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !
Le Lévrier (haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)
Voilà bien du tracas pour regarder deux sots Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !
La Mésange
Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait, Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.
La Mésange (A tous, complètement perdue)
Je vois que mes propos sont restés sans réponse Et constate ahurie que par-ici l’on pionce... Soudain ce lieu champêtre animé et charmant Fait place au château de la Belle au bois-dormant, Et maintenant Perrault succède à La Fontaine ! Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.
Le Lévrier ( à la Mésange)
Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor ! je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place... Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace ! Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin, Vous y surveillerez ces deux bons turlupins. Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage, Vous y assurerez un très bon arbitrage. Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ, Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard ! Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse ! Un aboiement, un seul, et la course commence !
La Tortue
Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille Impatiente attendant le signal précurseur L'émotion sur mon front a posé sa roseur.
La Mésange (au Lévrier puis à la Tortue)
Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé Nous savons que la course enfin a commencé. A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !" Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !
La chouette ( s’adressant au Lévrier et à la tortue) Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher Au virage en épingle au milieu du trajet… Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire Que vous voyez la-bas tout près du bel étang. Point trop n’est de victoire à se presser autant Car qui veut aller loin, ménage sa monture Calmer le palpitant et prenez belle allure !
Le lièvre
Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins ! Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline, Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!
La Tortue
Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine! J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent Musarde nez au vent, au ru se désaltère Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère Et s'étend sous un if, écoutant la chanson Que lui murmure en fa le lent colimaçon
le Lévrier (au lièvre)
C'est par là, mon ami, que se passe la course, Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse ! Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé. C'est de votre ressort si vous atermoyez !
le lièvre
C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense : Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu ! Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...
La chouette (marmonnant toute seule)
Toujours présomptueux, l’herbivore véloce Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse « Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. ! À bien trop se fier à sa longueur de pattes Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.
La tortue ( continuant à trottiner et parlant toute seule)
Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant Donnerait à ce fou un cruel avantage On verra qui de nous a plus bel abattage!
La Mésange (Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)
Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue ! J’observe de mon pin ce fanfaron obtus Qui tant est occupé par mille et une chose Que la course il oublie, profitez de la chose... Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette Près du petit ruisseau à son amie Levrette.
La Tortue (maugréant)
Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu Je trouve son dédain quelque peu outrageux Et si je rame ici à petite vitesse C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!
Le Lièvre (qui a complètement oublié la course...)
Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs, Afin de déjouer leur instinct de tueurs. Du sommet du coteau, surveillant le village, Je les verrai partir avec leurs chiens en rage Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici
La chouette (s’adressant à la tortue)
De lui botter le train, il n’en est nul besoin Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles. D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau Les oreilles au vent il nous tourne le dos.
La Tortue
Cousine, grand merci de faire vigilance Vos encouragements fouetteraient l'indolence Si je n'étais déjà stimulée fortement A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!
La Mésange (à la tortue, puis à la chouette)
Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal A battre sans tarder ce stupide animal... Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline Qui dort comme un sonneur sous une santoline.
La chouette (à la mésange et à la tortue)
Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés. Il joue à nous narguer certain de sa victoire Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire. Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort Déjà vous dépassez ce point de mirador Où je suis installée ! À vous voir si pugnace Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse Va bientôt regretter sa superbe ironie ! Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis Votre ténacité sera récompensé Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.
La tortue (un peu haletante)
Serait-il alourdi par son repas vorace? J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace De ce fieffé coquin que rien ne turlupine Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?
Le Lévrier (qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)
Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner Et d'afficher ainsi un dédain outragé. Mais, regardez -un peu du côté de la piste, Où commère Tortue va jouer l'arriviste. Encore un peu de temps et vous avez perdu, Je vous conseille fort de sauver votre du ! Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille. Vous allez regretter une course pareille !! S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor, Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !
La chouette (aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue) Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !
Aurais-je la berlue, mais il me semble voir Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache Et en fier cavalier au dôme se détache De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue… Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu !
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|  | | remy Minou

 Nombre de messages: 3727 Age: 75 Localisation: Cévennes Date d'inscription: 03/10/2006
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Lun 14 Déc - 17:15 | |
| La Tortue
Que font donc nos amis? Voilà que je piétine! Je courrai ventre à terre, agile et serpentine Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!
La chouette (qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)
Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis. Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ? Aurait-il disparu, craintif de l’algarade Mais le vois-je perdu au milieu des salades ! Dame compétitrice aimeriez vous séant Aller croquer laitue, dire à ce chenapan Que nous avons besoin qu’ici il prenne place Car sa bave argentée, nous ferait belle trace D’une ligne posée comme point de départ Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.
La Tortue
J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot, Cessez de lambiner, le devoir vous appelle On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle Il n'y a pas raison, certes, de trembloter Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!
L’Escargot
Comment ! Dame tortue, en voilà des façons De s’adresser à moi brave colimaçon Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ; Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !
Le Lévrier (haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)
Voilà bien du tracas pour regarder deux sots Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !
La Mésange
Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait, Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.
La Mésange (A tous, complètement perdue)
Je vois que mes propos sont restés sans réponse Et constate ahurie que par-ici l’on pionce... Soudain ce lieu champêtre animé et charmant Fait place au château de la Belle au bois-dormant, Et maintenant Perrault succède à La Fontaine ! Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.
Le Lévrier ( à la Mésange)
Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor ! je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place... Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace ! Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin, Vous y surveillerez ces deux bons turlupins. Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage, Vous y assurerez un très bon arbitrage. Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ, Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard ! Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse ! Un aboiement, un seul, et la course commence !
La Tortue
Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille Impatiente attendant le signal précurseur L'émotion sur mon front a posé sa roseur.
La Mésange (au Lévrier puis à la Tortue)
Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé Nous savons que la course enfin a commencé. A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !" Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !
La chouette ( s’adressant au Lévrier et à la tortue) Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher Au virage en épingle au milieu du trajet… Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire Que vous voyez la-bas tout près du bel étang. Point trop n’est de victoire à se presser autant Car qui veut aller loin, ménage sa monture Calmer le palpitant et prenez belle allure !
Le lièvre
Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins ! Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline, Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!
La Tortue
Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine! J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent Musarde nez au vent, au ru se désaltère Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère Et s'étend sous un if, écoutant la chanson Que lui murmure en fa le lent colimaçon
le Lévrier (au lièvre)
C'est par là, mon ami, que se passe la course, Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse ! Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé. C'est de votre ressort si vous atermoyez !
le lièvre
C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense : Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu ! Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...
La chouette (marmonnant toute seule)
Toujours présomptueux, l’herbivore véloce Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse « Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. ! À bien trop se fier à sa longueur de pattes Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.
La tortue ( continuant à trottiner et parlant toute seule)
Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant Donnerait à ce fou un cruel avantage On verra qui de nous a plus bel abattage!
La Mésange (Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)
Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue ! J’observe de mon pin ce fanfaron obtus Qui tant est occupé par mille et une chose Que la course il oublie, profitez de la chose... Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette Près du petit ruisseau à son amie Levrette.
La Tortue (maugréant)
Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu Je trouve son dédain quelque peu outrageux Et si je rame ici à petite vitesse C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!
Le Lièvre (qui a complètement oublié la course...)
Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs, Afin de déjouer leur instinct de tueurs. Du sommet du coteau, surveillant le village, Je les verrai partir avec leurs chiens en rage Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici
La chouette (s’adressant à la tortue)
De lui botter le train, il n’en est nul besoin Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles. D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau Les oreilles au vent il nous tourne le dos.
La Tortue
Cousine, grand merci de faire vigilance Vos encouragements fouetteraient l'indolence Si je n'étais déjà stimulée fortement A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!
La Mésange (à la tortue, puis à la chouette)
Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal A battre sans tarder ce stupide animal... Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline Qui dort comme un sonneur sous une santoline.
La chouette (à la mésange et à la tortue)
Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés. Il joue à nous narguer certain de sa victoire Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire. Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort Déjà vous dépassez ce point de mirador Où je suis installée ! À vous voir si pugnace Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse Va bientôt regretter sa superbe ironie ! Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis Votre ténacité sera récompensé Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.
La tortue (un peu haletante)
Serait-il alourdi par son repas vorace? J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace De ce fieffé coquin que rien ne turlupine Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?
Le Lévrier (qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)
Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner Et d'afficher ainsi un dédain outragé. Mais, regardez -un peu du côté de la piste, Où commère Tortue va jouer l'arriviste. Encore un peu de temps et vous avez perdu, Je vous conseille fort de sauver votre du ! Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille. Vous allez regretter une course pareille !! S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor, Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !
La chouette (aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue) Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !
Aurais-je la berlue, mais il me semble voir Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache Et en fier cavalier au dôme se détache De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue… Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu
Le Lièvre (réveillé en sursaut )
Ah ! Mon Dieu ! Qu'est-ce donc ? Messire Lévrier, vous ? Je l'avais oublié, ce concours ! Je l'avoue . Où en est l'adversaire ? Il reste du chemin : Pour la tortue, le but est encore lointain... Sans crainte je me donne un peu de temps encore Et puis j'irai d'un trait dépasser la pécore !
|
|  | | Lorraine-Laure Dame de coeur

 Nombre de messages: 1843 Age: 89 Localisation: Bruxelles (Belgique) Date d'inscription: 13/10/2009
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Lun 14 Déc - 17:53 | |
| La Tortue
Que font donc nos amis? Voilà que je piétine! Je courrai ventre à terre, agile et serpentine Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!
La chouette (qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)
Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis. Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ? Aurait-il disparu, craintif de l’algarade Mais le vois-je perdu au milieu des salades ! Dame compétitrice aimeriez vous séant Aller croquer laitue, dire à ce chenapan Que nous avons besoin qu’ici il prenne place Car sa bave argentée, nous ferait belle trace D’une ligne posée comme point de départ Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.
La Tortue
J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot, Cessez de lambiner, le devoir vous appelle On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle Il n'y a pas raison, certes, de trembloter Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!
L’Escargot
Comment ! Dame tortue, en voilà des façons De s’adresser à moi brave colimaçon Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ; Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !
Le Lévrier (haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)
Voilà bien du tracas pour regarder deux sots Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !
La Mésange
Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait, Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.
La Mésange (A tous, complètement perdue)
Je vois que mes propos sont restés sans réponse Et constate ahurie que par-ici l’on pionce... Soudain ce lieu champêtre animé et charmant Fait place au château de la Belle au bois-dormant, Et maintenant Perrault succède à La Fontaine ! Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.
Le Lévrier ( à la Mésange)
Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor ! je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place... Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace ! Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin, Vous y surveillerez ces deux bons turlupins. Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage, Vous y assurerez un très bon arbitrage. Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ, Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard ! Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse ! Un aboiement, un seul, et la course commence !
La Tortue
Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille Impatiente attendant le signal précurseur L'émotion sur mon front a posé sa roseur.
La Mésange (au Lévrier puis à la Tortue)
Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé Nous savons que la course enfin a commencé. A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !" Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !
La chouette ( s’adressant au Lévrier et à la tortue) Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher Au virage en épingle au milieu du trajet… Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire Que vous voyez la-bas tout près du bel étang. Point trop n’est de victoire à se presser autant Car qui veut aller loin, ménage sa monture Calmer le palpitant et prenez belle allure !
Le lièvre
Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins ! Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline, Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!
La Tortue
Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine! J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent Musarde nez au vent, au ru se désaltère Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère Et s'étend sous un if, écoutant la chanson Que lui murmure en fa le lent colimaçon
le Lévrier (au lièvre)
C'est par là, mon ami, que se passe la course, Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse ! Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé. C'est de votre ressort si vous atermoyez !
le lièvre
C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense : Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu ! Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...
La chouette (marmonnant toute seule)
Toujours présomptueux, l’herbivore véloce Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse « Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. ! À bien trop se fier à sa longueur de pattes Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.
La tortue ( continuant à trottiner et parlant toute seule)
Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant Donnerait à ce fou un cruel avantage On verra qui de nous a plus bel abattage!
La Mésange (Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)
Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue ! J’observe de mon pin ce fanfaron obtus Qui tant est occupé par mille et une chose Que la course il oublie, profitez de la chose... Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette Près du petit ruisseau à son amie Levrette.
La Tortue (maugréant)
Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu Je trouve son dédain quelque peu outrageux Et si je rame ici à petite vitesse C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!
Le Lièvre (qui a complètement oublié la course...)
Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs, Afin de déjouer leur instinct de tueurs. Du sommet du coteau, surveillant le village, Je les verrai partir avec leurs chiens en rage Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici
La chouette (s’adressant à la tortue)
De lui botter le train, il n’en est nul besoin Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles. D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau Les oreilles au vent il nous tourne le dos.
La Tortue
Cousine, grand merci de faire vigilance Vos encouragements fouetteraient l'indolence Si je n'étais déjà stimulée fortement A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!
La Mésange (à la tortue, puis à la chouette)
Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal A battre sans tarder ce stupide animal... Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline Qui dort comme un sonneur sous une santoline.
La chouette (à la mésange et à la tortue)
Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés. Il joue à nous narguer certain de sa victoire Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire. Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort Déjà vous dépassez ce point de mirador Où je suis installée ! À vous voir si pugnace Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse Va bientôt regretter sa superbe ironie ! Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis Votre ténacité sera récompensé Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.
La tortue (un peu haletante)
Serait-il alourdi par son repas vorace? J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace De ce fieffé coquin que rien ne turlupine Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?
Le Lévrier (qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)
Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner Et d'afficher ainsi un dédain outragé. Mais, regardez -un peu du côté de la piste, Où commère Tortue va jouer l'arriviste. Encore un peu de temps et vous avez perdu, Je vous conseille fort de sauver votre du ! Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille. Vous allez regretter une course pareille !! S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor, Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !
La chouette (aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue) Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !
Aurais-je la berlue, mais il me semble voir Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache Et en fier cavalier au dôme se détache De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue… Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu
Le Lièvre (réveillé en sursaut )
Ah ! Mon Dieu ! Qu'est-ce donc ? Messire Lévrier, vous ? Je l'avais oublié, ce concours ! Je l'avoue . Où en est l'adversaire ? Il reste du chemin : Pour la tortue, le but est encore lointain... Sans crainte je me donne un peu de temps encore Et puis j'irai d'un trait dépasser la pécore !
La Tortue Pécore! Il a osé! Pécore! Il l'a dit Ce malfrat, ce sagouin! Mais déjà je bondis Des quatre pieds je vais, mon allure est céleste Nul ne pourra jamais me rattraper, si leste Malgré le sacripant qui sur mon dos hissé Compte le combattants d'un oeil hypnotisé. |
|  | | Aube-Claire Fée Licité

 Nombre de messages: 3931 Age: 20 Localisation: Dans le cercle enchanté du Sud-Ouest de la France Date d'inscription: 30/05/2009
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Lun 14 Déc - 23:27 | |
| La Tortue
Que font donc nos amis? Voilà que je piétine! Je courrai ventre à terre, agile et serpentine Nous verrons qui de nous gagnera le scrutin Mais voilà les jurés. Trêve de baratin!
La chouette (qui regarde si tous les intervenants sont là, et s’adresse à dame Tortue)
Ah ! Serions nous enfin , dans ce lieu, réunis. Tiens ! Où est donc passé l’escargot notre ami ? Aurait-il disparu, craintif de l’algarade Mais le vois-je perdu au milieu des salades ! Dame compétitrice aimeriez vous séant Aller croquer laitue, dire à ce chenapan Que nous avons besoin qu’ici il prenne place Car sa bave argentée, nous ferait belle trace D’une ligne posée comme point de départ Allez donc chère amie, avant qu’il ne soit tard.
La Tortue
J'y vais, je cours, je vole! Eh! l'ami escargot On m'envoie vous quérir, jetez votre mégot, Cessez de lambiner, le devoir vous appelle On a besoin de vous. Ne cherchez pas querelle Il n'y a pas raison, certes, de trembloter Nul ne veut votre peau. Arrêtez de baver!
L’Escargot
Comment ! Dame tortue, en voilà des façons De s’adresser à moi brave colimaçon Qui en ai plein le dos, de ma ronde baraque ; Ne croyez surtout pas que je ne sois trop braque !
Le Lévrier (haussant les épaules, à part et avec un peu de jalousie)
Voilà bien du tracas pour regarder deux sots Que je pourrais rejoindre en deux pas, en deux sauts !
La Mésange
Cessons ces bla-bla-bla et venons-en au fait, Je vous vois, Lévrier, en arbitre parfait.
La Mésange (A tous, complètement perdue)
Je vois que mes propos sont restés sans réponse Et constate ahurie que par-ici l’on pionce... Soudain ce lieu champêtre animé et charmant Fait place au château de la Belle au bois-dormant, Et maintenant Perrault succède à La Fontaine ! Qui des deux suivrons-nous ? Voudrais être certaine.
Le Lévrier ( à la Mésange)
Commère, voyez-vous, tout le monde s'endort Aussi sûr, sacrebleu ! que mon nom est Médor ! je vais m'en occuper, voyons, chacun sa place... Vous l'escargot, marquez de la ligne la trace ! Vous, la mésange, allez vous percher sur ce pin, Vous y surveillerez ces deux bons turlupins. Vous, la Hulotte, allez vous poster au virage, Vous y assurerez un très bon arbitrage. Vous, la Tortue, venez , mettez-vous au départ, Hé ! Messire le Lièvre, arrivez sans retard ! Tout le monde à son poste, allez ! Et que ça danse ! Un aboiement, un seul, et la course commence !
La Tortue
Je suis là, prête à tout, je ne dors pas, je veille Sur la ligne d'envol que l'été ensoleille Impatiente attendant le signal précurseur L'émotion sur mon front a posé sa roseur.
La Mésange (au Lévrier puis à la Tortue)
Merci sieur Lévrier, par votre aboi lancé Nous savons que la course enfin a commencé. A vous, Dame Tortue, je souhaite : "Bonne chance !" Que vos nombreux efforts reçoivent récompense !
La chouette ( s’adressant au Lévrier et à la tortue) Très bien , le sieur Médor ! Je m’en vais me percher Au virage en épingle au milieu du trajet… Et vous chère Tortue laissez-moi donc vous dire Qu’il vous faudra très fort, fixer ce point de mire Que vous voyez la-bas tout près du bel étang. Point trop n’est de victoire à se presser autant Car qui veut aller loin, ménage sa monture Calmer le palpitant et prenez belle allure !
Le lièvre
Bon ! vous partez, tortue ? bientôt je vous rejoins ! Ainsi j'ai tout le temps de goûter au sainfoin Qui me paraît bien mûr là haut sur la colline, Puis je jouerai avec Levrette, ma copine !!!
La Tortue
Vous partez! Vous partez! Ce lièvre m'hallucine! J'écoute la chouette, eh oui, c'est ma cousine Elle est de bon conseil, je vais donc à pas lents Pendant que ce nigaud, doublé d'un insolent Musarde nez au vent, au ru se désaltère Fait le tour de l'étang, va jusqu'au presbytère Et s'étend sous un if, écoutant la chanson Que lui murmure en fa le lent colimaçon
le Lévrier (au lièvre)
C'est par là, mon ami, que se passe la course, Pas dans la Voie Lactée ou même la grande Ourse ! Faites comme il vous sied. Pour moi, j'ai aboyé. C'est de votre ressort si vous atermoyez !
le lièvre
C'est bon maître Lévrier ! je suis meilleur qu'on pense : Je laisse à la tortue quelques longueurs d'avance Je veux batifoler, m'amuser, rire un peu ! Nous verrons pour finir qui remporte l'enjeu...
La chouette (marmonnant toute seule)
Toujours présomptueux, l’herbivore véloce Par ma foi aurait-il de ce lièvre de Corse « Lepus corsicanus » qui sait prendre son temps Qui aime trop la sieste, un peu fanfaronnant. ! À bien trop se fier à sa longueur de pattes Ne le voilà t’il pas, qu’il joue à l’acrobate.
La tortue ( continuant à trottiner et parlant toute seule)
Ma maison s'alourdit sur mon dos résistant Mais m'arrêter, que non, ou souffler un instant Donnerait à ce fou un cruel avantage On verra qui de nous a plus bel abattage!
La Mésange (Observant le lièvre tout en s’adressant à la tortue)
Ne pressez point le train, tout doux Dame Tortue ! J’observe de mon pin ce fanfaron obtus Qui tant est occupé par mille et une chose Que la course il oublie, profitez de la chose... Tiens, comme je vous parle il conte ainsi fleurette Près du petit ruisseau à son amie Levrette.
La Tortue (maugréant)
Il fait le joli coeur et perd de vue l'enjeu Je trouve son dédain quelque peu outrageux Et si je rame ici à petite vitesse C'est qu'il mérite bien qu'on lui botte...les fesses!
Le Lièvre (qui a complètement oublié la course...)
Il me faut aller voir vers où vont les chasseurs, Afin de déjouer leur instinct de tueurs. Du sommet du coteau, surveillant le village, Je les verrai partir avec leurs chiens en rage Et je pourrai ainsi, m'en aller sans souci Vers un coin accueillant même un peu loin d'ici
La chouette (s’adressant à la tortue)
De lui botter le train, il n’en est nul besoin Chère cousine, sachez, qu’il n’ira pas bien loin Je l’ai vu se gaver de ce délicieux trèfle Gageons qu’à l’arrivée il ne récolte nèfles. D’ailleurs je l’aperçois grimpant vers le coteau Les oreilles au vent il nous tourne le dos.
La Tortue
Cousine, grand merci de faire vigilance Vos encouragements fouetteraient l'indolence Si je n'étais déjà stimulée fortement A vaincre ce galeux, ce faiblard, ce manant!
La Mésange (à la tortue, puis à la chouette)
Mais oui, Dame Tortue, vous n’aurez aucun mal A battre sans tarder ce stupide animal... Le voyez-vous, Chouette, en haut de la colline Qui dort comme un sonneur sous une santoline.
La chouette (à la mésange et à la tortue)
Je le vois mon amie ! Il dort sur ses lauriers Qu’en rêve dirons-nous, il a déjà gagnés. Il joue à nous narguer certain de sa victoire Dédaigneux, méprisant, déjà tout à sa gloire. Ah ! Ma chère cousine encore un peu d’effort Déjà vous dépassez ce point de mirador Où je suis installée ! À vous voir si pugnace Le faquin, qui la haut, que rêverie embrasse Va bientôt regretter sa superbe ironie ! Encore quelques pas, n’ayez pas le tournis Votre ténacité sera récompensé Il faut vous dépêcher , la bas est l’arrivée.
La tortue (un peu haletante)
Serait-il alourdi par son repas vorace? J'arrive près du but, je tends le cou, sans trace De ce fieffé coquin que rien ne turlupine Le voyez-vous venir? Aurait-il pris racine?
Le Lévrier (qui s'est rapproché du Lièvre et lui susurre à l'oreille)
Holà ! Mon cher ami, c'est bien de lambiner Et d'afficher ainsi un dédain outragé. Mais, regardez -un peu du côté de la piste, Où commère Tortue va jouer l'arriviste. Encore un peu de temps et vous avez perdu, Je vous conseille fort de sauver votre du ! Allons, je vous en prie, ouvrez grande l'oreille. Vous allez regretter une course pareille !! S'il s'agissait de moi, j'attendrai bien encor, Mais vous, méfiez-vous, vous vous faites du tort !
La chouette (aperçoit tout à coup l’escargot sur le dôme d’écaille de dame Tortue) Il faut bien qu’il soit à l’arrivée !
Aurais-je la berlue, mais il me semble voir Que hissé sur le dos, comme sur un perchoir Le Sieur de l’escargot, n’ayant nulle cravache Et en fier cavalier au dôme se détache De l’écaille arrondie de l’accorte Tortue… Ah ! Ah ! Le dégourdi, de la course a tout vu
Le Lièvre (réveillé en sursaut )
Ah ! Mon Dieu ! Qu'est-ce donc ? Messire Lévrier, vous ? Je l'avais oublié, ce concours ! Je l'avoue . Où en est l'adversaire ? Il reste du chemin : Pour la tortue, le but est encore lointain... Sans crainte je me donne un peu de temps encore Et puis j'irai d'un trait dépasser la pécore !
La Tortue Pécore! Il a osé! Pécore! Il l'a dit Ce malfrat, ce sagouin! Mais déjà je bondis Des quatre pieds je vais, mon allure est céleste Nul ne pourra jamais me rattraper, si leste Malgré le sacripant qui sur mon dos hissé Compte le combattants d'un oeil hypnotisé.
La Mésange (voletant autour de la tortue) Allez dame Tortue encor deux ou trois mètres ! Et le prix, c'est à vous que nous l'allons remettre. Je sais, cet escargot sur votre dos juché Semblable au bigorneau fixé à son rocher, N’est pas d’un grand secours... et ce Lièvre rustique Vous manque de respect en vous lançant ses piques, Pour le vaincre, ma mie, faites un effort encore, Il verra de quel bois se chauffe la pécore ! *¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*¤*  Quand on aime, on a toujours vingt ans...  |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course Mar 15 Déc - 5:02 | |
| Il me parait judicieux d'arrêter là la Scène II Donc je verrouille et on attaque la Scène III  A TOUS ! |
|  | | | | Le Lièvre et la Tortue - Scène II - La départ et la course | |
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